|
Document sans titre
L’Afrique de l’Ouest abrite plusieurs foyers de biodiversité en Afrique. On peut mentionner les écosystèmes/habitats/biomes tels que les montagnes, les bassins forestiers, les fleuves ; les espèces/communautés tels que les faunes et flores diversifiées.
En outre, l ’Afrique de l’Ouest abrite les centres d’origine de nombreuses espèces cultivées comme le mil (Pennisetum glaucum), le sorgho (Sorghum bicolor), le riz africain (Oryza glaberrima),le niébé (Vigna unguiculata),le voandzou (Vigna subterranea), les ignames(Dioscorea cayenensis-rotundata, Dioscorea dumetorum, Dioscorea bulbifera),le fonio(Digitaria exilis) et bien d’autres (Abelmoschus esculentus, Citrullus lanatus, Solenostemon rotundifolius).
D’autres espèces végétales introduites de l’Amérique comme le maïs (Zea mays),l’arachide (Arachis hypogea), le cacao (Theobroma cacao), la patate douce (Ipomea batatas) ou de l’Asie comme le bananier (Musa spp),la mangue(Mangifera indica), le taro (Colocasia esculenta) et le riz (Oryza sativa) ont développé des caractères nouveaux.
De nombreuses essences forestières, des plantes médicinales et autres espèces sauvages apparentées aux formes cultivées y sont également endémiques. A titre d’exemple, on pourrait citer: Andansonia digitata, Butyrospermum paradoxum, Balanites aegyptiaca, Dacryodes edulis, Faidherbia albida, Irvinga gabonensis, Parkia biglobosa, Tamarindus indica, Cola sp, Blighia sapida, etc.
D’autres espèces herbacées sauvages sont endémiques dans la sous-région: Brachiaria deflexa, Panicum laetum, Dactyloctenium aegyptium, Paspalum scrobiculatum, Oryza barthii, Cenchrus biflorus, Digitaria iburua, Echinochla stagnina tandis que d’autres sont utilisées comme légumes feuilles traditionnelles: Hibiscus, Solanum, Amaranthus, Celosia, Corchorus etc.
Des expériences de conservation de la biodiversité menées depuis la période coloniale ont produit des résultats mitigés voire décevants. C’est pourquoi les botanistes des pays du Sahel, au cours de leur atelier sur «La flore, végétation et biodiversité», tenu au Sénégal en 1998, ont recommandé que soient envisagées des stratégies adéquates visant à permettre une préservation in situ ou ex situ des espèces végétales pour lesquelles la pression est trop forte (Ba et al., 1998). Dans ce sens, des plans et des projets ont été élaborés dans plusieurs pays. De nombreuses études ont été menées sur les utilisations traditionnelles des ressources végétales par les populations, les rôles des différents acteurs impliqués et les pratiques socioculturelles, transmises de génération en génération visant à concilier les besoins d’utilisation des ressources génétiques par l’homme et la nécessité de leur conservation.
Quatre principales causes sont à la base de la perte de la diversité biologique en Afrique de l’Ouest. Il s’agit des causes anthropiques, les causes juridiques, les causes institutionnelles, les causes scientifiques.
a) Les principales causes anthropiques sont la croissance démographique, les pratiques traditionnelles de l’agriculture, les feux de brousse, la surexploitation des ressources biologiques, le braconnage, la destruction des habitats etc. De ces causes anthropiques, découlent des causes naturelles telles que les changements climatiques, l’envasement des cours d’eau, etc.
b) Sur le plan juridique, les causes de la perte de la diversité biologique sont : le caractère parfois inapproprié, les incohérences, l’insuffisance et la non ou mauvaise application des textes, des lois et des réglementations relatifs à la gestion des ressources naturelles.
c) Sur le plan institutionnel, il manque d’agents qualifiés évoluant sur le terrain de la diversité biologique en Afrique de l’Ouest. Il est aussi regrettable de noter un manque de coordination et de synergie entre les services techniques existants dans les différents secteurs et dont les responsabilités sont mal définies.
d) Il existe des insuffisances dans la connaissance des éléments de la diversité biologique en Afrique de l'Ouest, mais aussi, une insuffisance des études d’impacts des projets de développement susceptibles d’affecter la biodiversité.
Pour résoudre cette perte accrue de la diversité en Afrique de l’Ouest, plusieurs actions sont menées à la fois par les ONGs et par l’Etat pour promouvoir une conservation et gestion durable des ressources naturelles et promouvoir le développement durable. Mais les résultats de ces différentes initiatives semblent mitigés en raison de l’absence d’un cadre ouvert et démocratique d’échange d’information et de discussion. Au niveau des ONGs surtout, les actions sont isolées et les résultats des expériences ne sont pas partagés entre les différents intervenants. Il n’existe pas non plus de cadre propice pour présenter les résultats probants des recherches sur la biodiversité, les résultats des actions de conservation, etc. Pour pallier à cette carence, il devient urgent de promouvoir le partage d’information et la coordination des activités entre les organisations de la société civile, les Etats, les entreprises privées et les partenaires en développement œuvrant dans le domaine de la biodiversité biologique en Afrique de l’Ouest. Ce premier forum est placé sous le thème « Diversité biologique et développement durable en Afrique de l’Ouest».
Retour
|